Deux Poèmes

J’écoute à travers les Ages

J’écoute à travers les ages, les millénaires muets,
Loin, loin au-delà des corridors, des mythes et des légendes.
Je sens le cœur du Temps bourdonnant de vie,
J’entends des sanglots qui déchirent l’âme, des lamentations,
De cruelles séparations, pillages, meurtres, espoirs brisés,
Ruine, inanition, revanche, haine et traîtrise.
Les aperçus de clair de lune, le rire joyeux
Et le tintement des cloches d’argent
Entraient si rarement dans le féroce drame de pourpre
Que les Voyants du passé dans leur aveuglement
Délaissaient l’espoir et abandonnaient la pauvre terre
A un destin apparemment funeste.

Nous aimons nous lamenter et chérir nos tragédies
Nous repaître de la misère de nos semblables
Célébrer triomphalement carnage et désastre.
Le bonheur est lassant, la paix monotone,
La gaieté de la jeunesse et la cabriole des fleurs
Ne sont que des passe-temps pour poètes et artistes.
Le bourgeon du chagrin fleurit sur les murs et les divisions
Et meurt dans l’espace vaste et ouvert de l’Unité Divine.
Mais l’argile cache des jarres de rêve, informes, invisibles.

Peine et souffrance sont les revêtements d’une joie profonde,
Toujours nouvelle, plus intoxicante que le sang et les larmes.

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Vers la réalisation

Toi, Divinité Suprême, éternel, conscience absolue, mystère,
Infiniment multiple, unique existence, béatitude, bonté,
Vérité, amour, beauté, paix, harmonie, lumière, puissance,
Sans commencement ni fin qui Te manifeste éternellement,
Qui Te cache de ton propre regard, qui Te cherche sans Te lasser,
Qui est pleinement conscient dans tout ce qui parait autrement,
Tu es tout, chaque atome de l’univers, il n’y a rien que Toi,
Âme de chaque être en existence, substance de son corps,
Être indivisible, infiniment fragmenté, seule Réalité,
Seigneur aimable, force créatrice, mère, père, ami infaillible,
Immobile, inaltérable dans la mobilité vertigineuse,
Toi seul vis innombrablement, incalculables courants
Qui courent vers une fin qui toujours se recule.

Moi ? Ça n’existe pas, ombre ou chimère d’un instant,
Entouré d’une Infinité insaisissable, trop pleine,
Trop riche, trop passionnante, trop énigmatique,
Pour ma petite compréhension, Toi seul es réel.
Derrière les ouragans sans trêve, Tu es le repos béatifique.
Changement de nom, d’apparence, de décor, de domicile,
On Te retrouve partout, le même incomparable Comédien.
Tu es merveilleux, admirable, aimable, irrésistible.

Une seule prière : remplis mon cœur d’un amour inépuisable.
Que la surface devienne transparente, que le masque tombe,
Que je puisse T’aimer toujours en tout, avec un amour pur.

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Niranjan Guha Roy

 

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