Poèmes

Poèmes – Niranjan Guha Roy 1950- 1966 – Sri Aurobindo Ashram

La Danse de la Vie

D’échouer, je n’ai pas peur,
Je suis au centre des atomes,
Moi, l’émanation des fleurs,
De toute vie la source profonde.
L’espace est mon vaste plafond
Où luit ma pensée mobile.
Je suis le dessin et le fond,
Les couleurs et le peintre habile.
Je sommeille dans les métaux,
Cours par terre avec les lianes,
En arbre tends mes bras vers Dieu,
Je suis le Saint et le profane.
Mon apathie et mon ardeur,
Mon éveil et ma somnolence,
Mon allégresse et ma douleur
Improvise la longue danse
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La Flûte de Krishna

Écoute le refrain qui flotte sur les ondes du Yamunâ !
Ayant volé les robes des baigneuses, Krishna joue de la flûte
« Viens vers Moi, O âme craintive, viens sans honte, sans orgueil.
Dépouillée de tout ce qui couvre ta première innocence,
Dénudée de tout ce qui voile la divine Flamme,
Découverte à jamais à Ma Lumière douce et purifiante.
Laisse couler dans le flot du Yamunâ tes lumignons de savoir.
J’allumerai en toi Mes flambeaux de conscience éternelle.
Oublie ta famille, ton pays et ton idéal borné,
Les rythmes connus qui entravent ton envolée.
Mon Amour débordera tes canaux de tendresse cloîtrée.
Aie confiance en Moi, viens sans honte, sans orgueil,
Tu gagneras une vie qui dépassera ta plus folle espérance. »
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La Relativité

Le Pouvoir nouveau rendra ton corps lumineux,
Les vers luisants allument toujours leurs flambeaux,
Les poissons qui hantent les profondeurs encrées
Émettent déjà une lueur diaprée.
Immortel, tu vivras presque indéfiniment,
Les tortues comptent par siècle leurs ans.
Que dire des arbres qui marquent leur voyage
Par des anneaux secrets et ces collines sans age.
Conscient, tu jouiras d’un délice parfait,
As-tu connu de l’abeille, l’immense paix
Dans l’étreinte somnifère d’une araignée
Au cœur d’une fleur, de la rosée baignée !
Le sondage de l’Infini te rend muet
Peut être la mouche aux milles yeux émaillés
Se sent elle écrasée par l’étendue vague
De son ellipse fermée où elle divague.
L’écureuil endormi dans son nid ébranlé
Est aussi précieux à Dieu qu’un Saint ailé.
Ta prétention à une haute connaissance
Ne frôle pas du Mystère la page blanche.
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La Révélation

Breuvage divin dans un énorme calice,
La mer chatoie muette et lisse.
Le calme averti par un doux pressentiment,
Comme une épouse impatiente attend le moment.
Déchirant la nappe étonnée d’eau saline
Jaillit une immense fontaine cristalline.
Les roulis écumeux et sourds en bondissant
Se répandent toujours en cercles grandissants
Où les anges bleus, la mousse à leur crinière,
Tiennent à la main un glaive de Lumière.
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La Vie Immortelle

La mobilité des couleurs
Est le secret de sa verdeur
Tout veut naître et attend son heure,
Tout s’en va et rien ne demeure.
Les vagues sur la mer s’admirent un moment
Puis plongent pour surgir sous un déguisement.
Chaque grain de sable palpite, animé d’un souffle insolite.
La mobilité des couleurs
Est le secret de sa verdeur.
Pourquoi le deuil, où est la mort ?
Partout on voit le grand effort
D’un pouvoir de vie silencieux en quête d’un corps glorieux.
La mobilité des couleurs
Est le secret de sa verdeur.
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L’Éternel

L’Éternel apparut dans toute Sa grandeur.
Dispersés par Son intolérante fureur
Hommes, arbres, maisons, continents, soleil et lune
S’évaporaient comme de chimériques dunes.
Les ondes montagneuses d’un bouillonnant Océan
Noyaient les boutiques sur la plage du Temps,
Idéal, beauté, amitié précieuse
S’émiettaient comme des illusions honteuses.
Le moi, aspiré par un brutal tourbillon,
S’éteignit comme un mourant lumignon.
Un oubli exquis comblait les moments infimes.
Mon cœur refaçonné surgit lentement,
Lourd d’une compréhension opaline d’amour.
Le soupir des fleurs devint un joyau intime.
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Mère Priait

Elle montait, montait toujours cette prière
Comme une immense colonne de lumière
Elle montait, montait toujours vers l’Inconnu
Dans un élan d’amour sans borne et soutenu.
Elle montait, montait toujours aspiration
Effort muet des choses qui tendent vers l’Union.
Elle montait, montait toujours voix suppliante
Où la réponse du Maître était évidente.
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Reine de Neige

Reine d’orage, je Te remercie
Il vente sur mon âme et mon esprit,
Mon gîte, mes vergers et mes folies
Sont irrévocablement démolis.
Reine de pluie, je Te remercie,
Il pleut sur mon âme et mon esprit,
La pluie fine entre par les fissures
Plaies ouvertes de mon cœur si dur.
Reine de neige, je Te remercie,
Il neige sur mon âme et mon esprit,
Les flocons enveloppent mes cellules
Qui absorbent leur blancheur sans recul.
Reine de lune, je Te remercie,
Il fait beau dans mon âme et mon esprit,
Sous les ondées de Ta Lumière
Les lianes chantent d’éloquents vers.
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Dans le Silence de la Nuit en Prière
Dans le silence de la nuit
A travers la dense paix de la nuit en transe
Surgit une symphonie de mille petites voix mélangées.
Dans la paix de la nuit silencieuse
A travers les calmes ondulations d’un étang endormi,
Sur l’autre rive, dix mille lucioles s’amusent
Dans une danse rituelle
Avec des lumières clignotant en silence.
Dans le silence de la nuit en prière
A travers la paix de l’Esprit non né
Arrive flottant, un rire cristallin argenté,
Noyant les âmes attachées à la terre
Dans une vague miroitante d’émerveillement.
Dans le silence de la nuit
A travers des millions de pages de souvenirs enterrés,
Un Visage apparaît, radieux d’Amour divin,
Anéantit pour toujours
Dans un délicieux sourire de splendeur silencieuse
La haute montagne des agonies accumulées depuis des âges,
Le cœur écorché palpite avec ravissement
Dans la Présence rayonnante de la Grande Mère.
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Dipali

Entaille d’or et de flamme,
Douce Mère, je T’aime au balcon.
Tu n’es pas dans les nues invisibles
Mais demeures au niveau accessible,
Debout au-dessus de nous,
Sur le pont où se fondent
Tes limites humaines.
Pour découvrir une force sereine,
Tour à tour, Ton regard fait des plongeons
Dans nos yeux, ces lagunes transparentes
Qui luisent sous le choc de la descente.
Au milieu d’un recueillement profond
Quand l’être s’ouvre sur un autre monde
Où les étoiles dansent à la ronde
Douceur paradisiaque, O vision,
Météore, Tu sillonnes notre âme
Y creusant des entailles d’or et de flammes.

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Efforts Persistants

Force Divine, je sommeillais dans le Vide,
Tu me berçais, me secouais pour m’éveiller.
Emergeant lentement du Néant peu solide,
Je demeurais longtemps muet, émerveillé.
Dans les rochers et les minéraux
J’étais en transe, Tu me berçais
Me secouais pour m’éveiller.
Ne pouvant plus contenir mon exubérance,
Dans les protozoaires, je me gaspillais.
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Éruption Divine

La matière affranchie éclate en bourgeons de Lumière
Mais dissimule toujours son intime caractère.
Dans quel antre sombre, dans quel repli profond
Garde t’elle son idée réelle ?
Impénétrable, elle retient toujours
Le germe invisible des roses immortelles.
L’humanité chancelle sous les coups formidables
D’une éruption divine.
Les pionniers qui ont une foi innée
Dans leur haute destinée surgissent de cette ordalie
Et protégés par la Grâce,
Ils croissent à leur tache dans la création nouvelle.
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Poèmes  1967 à 2005 -Niranjan Guha Roy

Adieu mon Ami

Adieu, mon ami,
Je te salue mon vieux compagnon de route,
L’homme aveugle et frustre s’éteint peu à peu en moi
Comme meurt la nuit obstinée sans espoir devant l’Aurore.
L’angoisse se mélange à la plus grande splendeur
Le départ de l’homme dépassé et la naissance du Dieu immortel.
L’homme moribond, périmé, épuisé s’accroche âprement encore
A la terre qui lui tourne le dos pour mieux accueillir
L’Enfant Dieu qui arrive revêtu de lumière investi du mandat divin.
L’homme périt dans l’incendie que sa passion a déclanché.
Comme le Phénix, l’Enfant Dieu renaît, les yeux pleins de rires
Hors des cendres de l’homme brûlé, aveugle et méprisant.
Adieu la nuit si oppressive, si longue !
Adieu la violente agonie !
Paix, paix sur la terre.
Joie et harmonie de la Présence divine.
Que Ton nom soit béni, Mère Divine.
Que Ta douceur illumine les cœurs.
Chaque coup de ciseau du Grand Sculpteur
Fait disparaître les vestiges
De l’homme animal malgré sa trompeuse puissance,
Et dégage peu à peu les traits ravissants
D’une Divinité sublime.
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Amour Divin
Installe Toi dans mon Coeur

Amour, toi qui attrapes toutes les étoiles dans ton filet sans fin,
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour, toi qui rassembles
Tous les rayons éparpillés dans ton soleil doré,
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour, toi qui comme l’océan,
Abrite des milliards de mondes en toi,
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour, puissance irrésistible
Unificatrice même des univers en révolte,
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour, Vision révélatrice
De l’Un mystique dans ce qui existe ici ou ailleurs
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour, Voyageur inlassable,
Le bien venu dans tous les foyers,
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour Aventurier téméraire,
A jamais assoiffé, sans contrainte ni loi,
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour, je te promets une fidélité absolue,
Sois rassuré, je n’aime que toi.
Lorsque tu es vibrant, en extase en moi,
Je ne trouve nul autre que toi partout.
Monotone, toi, mon Amour !
Les nuances infinies dans la palette de la Béatitude.
Installe toi en permanence, mon Amour,
Dans mon cœur qui t’adore.
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Amour Divin

Amour Divin, révélateur,
Amour sacré, remplis mon cœur.
Amour, passion du Suprême,
Paix et félicité extrême.
Amour Divin, révélateur,
Compassion rouge du Seigneur.
Amour mystique et ineffable
Soif constante et insatiable.
Amour Divin, révélateur,
Du visage de la splendeur.
Amour pur, flamme pacifique
Qui démasque partout l’Unique.
Amour Divin, révélateur,
Force derrière l’ardeur.
Amour doux, Grâce et Lumière,
Auréole occulte de Mère.
Amour Divin, révélateur,
Amour sacré, remplis mon cœur.
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Anandamayi,

Mère d’Amour et de Beauté
La Lumière d’une bougie éclaire une chambre
Plongée dans le noir épais.
Le sourire d’un enfant chauffe le coeur
Et chasse au loin les chagrins.
La mélodie d’une flûte venant du fond du mystère
Eveille dans l’âme une soif intense
Pour un monde de félicité et de beauté.
Le chant émouvant d’une voix inconnue
Ouvre les frontières fermées entre les hommes.
Les rythmes magiques, le son fascinant des tambours, des guitares,
Des battements de mains, de coeurs et de pieds,
La lumière dansante, colorée, les guirlandes de fleurs,
Les visages rayonnants d’extase, les corps agiles, légers, ondulants,
Ces anges d’un instant, nous projettent soudain dans un paradis
Où tout est divin, ravissement, enchantement, amour et beauté
Présidé par la Grande Déesse de Joie inaltérable, inépuisable.
Seule Anandamayi,
Mère d’Amour, de Beauté, de Béatitude, d’Harmonie
Peut transformer ce monde obscur de souffrance
Par Sa lumineuse douceur.
Que notre vie soit à chaque instant une offrande, un rite sacré,
Une prière en acte à l’Esprit Eternel de Beauté,
A la Mère Divine,
La Grâce merveilleuse, bienveillante,
Douce et toujours souriante.
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Aspirant Courageux

O courageux aspirant à l’immortalité, sois le bienvenu chez Kali.
Mais je te préviens, le chemin est long, dur périlleux,
Jonché de dangers mortels ! A chaque pas un piège te guette.
Si tu es foncièrement sincère, si tu refuses de broncher du droit chemin
Moi Kali, Puissance invincible du Seigneur serait toujours à ton coté.
Mais si tu pars à la conquête de la Vérité pour acquérir la gloire
Tu entreras aussitôt dans la gueule béante
Du serpent géant sans t’en apercevoir.
Si tu cherches la Lumière
Parce que tu ne peux plus vivre dans l’obscurité
Si tu es à la recherche de la Vérité
Parce que le mensonge t’étrangle
Si tu aspires à la vie immortelle
Pour te consacrer à mon service,
Alors avance, ne crains rien,
J’ai besoin d’un prêtre fidèle.
Même les redoutables Titans et les impitoyables divinités
Chargés de mettre à rude épreuve
Le chercheur de la Vérité suprême
T’apporteront leur puissance, deviendront tes amis
Te protégeront, veilleront à ton bien être
S’ils perçoivent en toi
Une anxiété constante d’écouter Ma voix.
Je nourrirais ton cœur ardent
Du Feu bleu intense de l’Amour divin.
Deviens Mon pyromane, a
Allume les incendies avec Mes Bénédictions.
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Aux pieds bénis de la Mère

La Nature n’a pas terminé son travail d’ascension.
Elle a transformé une boule de feu en une terre refroidie
Recouverte d’eau où surnagent les vastes continents.
Dans ce monde encore très violent elle a soufflé un élan de vie.
Peu à peu à travers des âges interminables la vie foisonne.
La mer et la terre sont peuplées par des millions d’échantillons,
Des formes vivantes depuis les microbes jusqu’aux animaux géants.
La terre devient plus calme, verdoyante, les volcans s’éteignent.
La clameur de la vie se mêle aux hurlements des vagues et des vents.
Le poisson n’est qu’une esquisse lointaine de l’homme à venir.
C’est une longue histoire avec beaucoup de détours et de déboires.
Le penseur apparaît sur la scène terrestre, à partir des singes.
Il établit rapidement sa souveraineté sur le monde des animaux.
Maître incontesté de la terre, il se sent talonné, traqué par la mort.
Il connaît l’origine de l’univers mais ignore sa raison d’être.
Il est convaincu qu’un jour il maîtrisera la Nature rebelle.
Sa vie courte et tourmentée, cloisonnée entre deux murs obscurs,
Eveille en lui des rêves d’une vie immortelle de paix,
De félicité, de beauté, d’harmonie, de liberté, de fraternité.
La Nature, la Créatrice mystérieuse, toute puissante, patiente
Suit sa stratégie sans déviation, vers un but sublime.
Elle veut créer dans ce monde matériel une image vivante,
Un être parfait qui, un jour, exprimerait le Divin bien-aimé.
L’homme ne voit que la surface de ce monde de matière,
Et à son avis, ce qu’il ne voit pas n’a pas d’existence réelle.
De même qu’Elle a façonné l’homme pensant à partir des singes,
Elle est en train de développer une nouvelle race divine
Qui incarnerait la Conscience parfaite, la félicité, la beauté
Dont l’homme a rêvé depuis des âges reculés sans grand succès.
L’homme attend toujours l’arrivée du Messie et le paradis terrestre.
Mais un voile épais sur son âme ne lui permet pas de voir la Lumière.
Sri Aurobindo et la Mère ont inauguré cet âge d’or à l’écart du monde,
Une nouvelle race est née, une nouvelle Puissance est à l’œuvre ici-bas.
La Nature n’est que la façade
D’une Conscience éternelle, absolue, parfaite.
Revêtus d’un corps humain, Sri Aurobindo et la Mère
Incarnaient la Lumière suprême.
Un nouveau soleil supramental brille au ciel invisible à l’homme penseur.
La terre a franchi l’énorme barrière de l’inconscience, de la souffrance.
Les cœurs violents, tourmentés seront apaisés par un Amour Divin.
Toutes les séparations cruelles, les murs obstinés, aveugles, sourds
Tomberont de jour en jour par un éveil constant de l’âme humaine.
La Mère Divine accueille tous ses enfants égarés, non éclairés
Dans son sein d’Amour Divin, efface la trace de l’ignorance.
L’homme divin émerge sur la scène terrestre, ainsi se termine
La phase longue et douloureuse d’une lutte sans répit inconscient.
Chaque atome héberge le Divin, et l’atome n’est que le corps de Dieu.
Dans chaque homme, dans chacun être vivant
Dort la semence d’or céleste.
En vérité, tout est éternellement Divin, il n’y a rien que le Divin.
La souffrance, la violence, l’impuissance, la mort et les maladies,
Les désirs, les passions, la guerre font partie de la conscience humaine.
Dans la Lumière divine la souffrance, l’obscurité, l’inconscience
Sont inexistantes comme au Soleil, la nuit épaisse est absente.
L’être divin vit dans le Divin, mû par le Divin, au service du Divin.
Il porte le flambeau de la lumière, de la joie, de la puissance immortelle.
Tous les êtres sont ses frères, enfants chéris de la Mère Divine unique.
Tous les autres sont pour lui, chacun, un reflet du Divin.
Une partie intégrale de lui-même, un aspect du Soi infini.
Oubliant le passé des cauchemars, les poignards enfoncés dans le cœur.
La terre sourit et pleure de joie assise aux pieds bénis de la Mère.
Om namo Bhagavate, Om Sri Aurobindo, Om Douce Mère.
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Bénédiction

“ De quel droit Me manques-tu de respect ?”
Demande ainsi la Mère Suprême à Son serviteur insolent.
“ Regarde, Je suis en réalité ton amie dévouée et fidèle.
Je suis tous les êtres quelles que soient les apparences
De quel droit, Me manques- tu de respect ?
Ne prends jamais la vie et le monde à la légère,
Regarde avec les yeux de ton âme, tout est Moi, Moi seule,
Sur la scène éternelle, Moi seule vis, agis et accomplis tout.
Désormais ne Me manque jamais de respect.
Adore Moi, prosterne-toi devant Moi, aime-Moi avec tendresse.
Sois Mon serviteur humble, facilite Mon travail difficile.
Sois gentil envers Moi, tu sais que Je suis toujours avec toi.
Pourquoi Me haïr, Me rejeter, Me torturer au lieu de M’aider !
Ne manque jamais de respect envers le moindre chien.
Si tu veux participer à la création d’un monde divin,
Il ne faut jamais M’oublier, même pour un instant,
Ce serait tomber dans un abîme fatal, une catastrophe.
Derrière tous ces fragiles et éphémères vases d’argile,
Je suis la Réalité Eternelle, la Personne infinie, unique.
Je Me suis installée dans ta conscience pour te protéger,
J’ai chassé la violence destructrice de ton cœur froid.
Je te répète « : Ne manque jamais de respect envers Moi, ta Mère”
Le serviteur se prosterne à Ses pieds bénis
“ Oui, Douce Mère ”
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Calice Vide

Cristal transparent sans souillure, vierge assoiffée,
Sorti du four incandescent, pur comme le diamant,
Sans attachement ni désir, au dessus des passions,
Inébranlable devant l’assaut des Titans et des Dieux,
Chaque cellule libre de la moindre trace de luxure,
Feu sacré, blanc, doré, brillant, sans fumée,
Qui ne vois que le Divin partout, n’existes que pour Lui,
Fort, confiant et fidèle, reçois l’Amour Divin.
Toi, vase d’argile séché au soleil, non cuit,
Plein de désir, cohabitant avec la bête sous ta peau,
Esclave des instincts de la Nature physique inférieure,
Même une goutte du nectar divin fera éclater
Ton cerveau, ton cœur et tes prétentions mensongères.
Tu tourneras en rond comme un bateau sans gouvernail,
Tu te briseras sans tarder sur les récifs cachés.
Sois humble, découvre ton âme, la psyché,
Dans la cave profonde du cœur mystique.
Bannis le désir immole l’animal ton bourreau implacable
Sur l’autel de Dieu, suis la Mère Divine avec foi.
Offre tout ce que tu es, tu as, aussi ton avenir à Ses pieds.
Deviens inexistant, Son esclave, mu uniquement par Sa Volonté
Son adorateur béni, un voilier heureux poussé
Généreusement par le souffle du Seigneur Suprême
Sans la moindre demande, mort à toute jouissance.
Alors seulement Elle façonnera dans sa vision divine
La jarre infrangible qui peut contenir la félicité immortelle
Tel que l’océan qui garde dans ses profondeurs les trésors.
Sois humble, sans demande, sans orgueil ni prétention.
Mets toi avec confiance aux pieds de la Mère Divine.
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Calmez la Houle

Avalanche accablante, des images et des images,
Le passé et le présent et quelquefois l’avenir
Tissés ensemble, désordonnés.
Des visages se bousculent joyeusement
Dans les couloirs de la mémoire,
Le long du Gange dans l’eau tourbillonnante.
Les vivants et les morts, les éloignés se mêlent,
Entraînés par un ouragan, toute différence rayée.
Fraction d’une seconde, le visage raconte son odyssée
Et puis sans cérémonie, un autre visage chasse le premier.
Une ombre : le portrait mobile vous hante, elle s’échappe,
Désespoir, la blessure s’ouvre et vous la rappelez.
Une armée de souvenirs vous poursuit sans répit jour et nuit,
Crève le tableau de la mémoire.
Les regards suppliants sans mot, font irruption de nulle part.
Un éclat de rire, un hurlement, un murmure, un grincement,
Un refrain de musique, un pas de danse, des volcans,
L’enfer de la guerre,les cris tendres, effrayants des oiseaux,
Des animaux sauvages, les images et les voix dans une étreinte,
Des amants ou des lutteurs ou des agresseurs, des violeurs
Et leurs victimes dégagent un arôme amer doux, acre,
Répugnant, séduisant, apaisant.
Le Réel de l’instant devient irréel, perdu irrévocablement.
A chaque pas un nouvel univers découvre son visage plus ravissant.
Les images font une sarabande sur le plancher de la mémoire.
A quoi s’accrocher dans cette mobilité vertigineuse hors contrôle !
Calmez la houle et le rugissement du Temps ivre de vitesse.
Devenez le Témoin éternel, effacez le Temps à trois visages.
Découvrez L’œil qui voit tout, le Compagnon taciturne, inaltérable.
Paix, Félicité, Liberté, Silence, Profondeur insondable, muette,
La porte ouverte sur l’Infinité du Mystère à jamais clos.
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Version : English (Anglais)