L’humanité à venir

Niranjan Guha Roy – Sri Aurobindo Ashram 1977

L’humanité à venir

Il y a un pouvoir de vérité suprêmement au travail dans la conscience de la terre. Cette Vérité, cette lumière de connaissance de ce qui est vrai et droit est infiniment supérieure à la lumière spirituelle la plus haute que la terre a jamais connu. Elle travaille avec force pour créer une nouvelle terre, un nouveau ciel d’existence divine ici sur cette terre. Sous son pouvoir et influence quelques âmes préparées arrivent à monter à des niveaux de conscience de vérité qui sont pratiquement inaccessibles à l’humanité en général et même à la plupart des aspirants spirituels, car très peu d’âmes sont encore prêtes à recevoir et supporter la descente formidable et écrasante de ces forces souveraines. Mais ce qui est possible et praticable en général est une nouvelle orientation spirituelle de la race entière, au moins d’une bonne partie, celle qui est mue par des idéaux mentaux de perfection, unité, harmonie, paix, et par l’idéal d’une vie constructive noble et belle. L’apparition de cette humanité éclairée résoudra la plupart des problèmes sociaux, politiques et psychologiques et préparera la voie pour un gouvernement divin du monde. Il y a quelques signes par lesquels nous pouvons reconnaître cette humanité naissante mentalement lumineuse. Ces signes sont en même temps des indicateurs ou des directions vers lesquelles l’âme humaine idéaliste doit se diriger pour parvenir à une sorte d’harmonie spirituelle de l’être tout entier.
L’évolution est essentiellement la croissance de l’âme qui est recouverte par les gaines du mental, vital et du corps lors de son existence terrestre. Par son influence et pouvoir elle éveille progressivement toutes ces gaines.
L’être psychique a une aspiration naturelle pour la vérité divine, pour la vraie conscience, pour la beauté suprême, pour la suprême bonté et pour l’union avec le Divin. Comme cette aspiration devient de plus forte et plus forte, l’être humain s’efforce de mener de plus en plus une vraie vie spirituelle. L’être acquiert une certaine conscience universelle et développe un esprit supranational, international. Il devient peu à peu libre de préjudices et de limitations. Le bien être et l’amour de l’humanité deviennent la base de la conscience individuelle. Ce sentiment profond vient de la perception spirituelle de l’Etre divin qui est tout, du sens d’une unité indivisible sous-jacente, de la perception que chaque être humain, potentiellement, contient l’Absolu.
L’être vital lui, répond de plus en plus à la beauté, l’harmonie, l’élégance, la noblesse, la simplicité et la pureté. Il rejette de plus en plus la ruse, la duplicité, la diplomatie, des désirs dépravés. Il développe un dégoût et finalement une incapacité de faire des actes de cruauté pure, de violence et de perversité et il a un recul envers tout ce qui est sordide et mesquin ainsi qu’envers le dérèglement des moeurs. Il cultive la capacité de servir et obéir au lieu du désir de commander et d’avoir de l’emprise sur les autres. S’il doit aider et diriger ce n’est plus du fait d’une ambition mais d’une confiance et responsabilité, une délégation d’en haut. Il attend la commande du Suprême. Il exécute, mais n’initie pas.
 » Que Ta volonté soit faite « prend graduellement une signification plus profonde dans sa vie et il y a en lui une ardeur toujours croissante à entendre la voix, la commande intérieure ou la vraie inspiration. Il a une anxiété pleine d’amour d’être capable d’obéir au Maître, à la Mère Divine. Le besoin de l’expérience directe, d’avoir un contact vrai et tangible avec la réalité divine, la présence divine grandit toujours plus en lui.
Le mental ne se satisfait plus de simples mots, de théories, de romantisme spirituel, d’imaginations ou d’informations. Le coeur recherche la proximité, l’intimité du Divin. Le corps répond avec énergie, vigueur et joie dans le travail. Quand le corps est sous l’influence psychique, il veut prier et adorer le Divin d’une façon très physique, principalement en travaillant avec le corps. On veut cultiver des fleurs pour le Divin, construire un Temple pour le Divin, faire une statue ou une peinture, on veut chanter avec sa voix son amour pour le Divin. On veut jouer les instruments de musique, on veut danser dans l’adoration. Tous les actes physiques, même le repas, la respiration, le sommeil, la marche, etc., sont affectés d’une façon positive par la croissance de cette nouvelle conscience.
Comme nous grandissons dans la conscience, nous essayons de trouver un travail et une activité ou des activités, qui nous donnent une occasion de nous élever de plus en plus vers notre idéal. Notre action devient plus proche des capacités inhérentes de notre nature la plus secrète. Comme nous grandissons de plus en plus sous l’influence de l’être psychique, nous grandissons aussi vers l’ampleur et l’intégralité de notre être. Il y a de moins et moins de conflit, confusion et division en nous et il y a une harmonie croissante non seulement en nous, mais avec le monde, avec la création entière. Nous commençons à percevoir le Divin comme l’existence unique en des manifestations infinies. Nous sentons la présence de l’Etre éternel et de son amour dans lequel notre âme et les âmes de tous vivent, se meuvent et existent éternellement

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Esquisse

 

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