Poèmes

L’œil du Mystère

Dès que par la Grâce, l’œil s’ouvre sur le Mystère,
Soudain tout change miraculeusement
Et on émerge dans la Lumière de Vérité.
La Présence divine resplendit alors dans le moindre caillou,
Dans un bouton de fleur sauvage, dans la nature entière
Qui dévoile sa beauté et sa splendeur célestes.
Partout on retrouve le doux sourire de la Mère.

Hélas, souvent la fenêtre se referme et la vision s’éclipse.
  Était ce un mirage, un éclair de folie lumineuse ?

Mais cette splendeur inoubliable
Laisse une telle soif brûlante dans l’être
Que rien d’autre au monde ne peut l’assouvir.
Puis, sans avertissement,
La fenêtre de l’âme s’ouvre de nouveau
Et la Lumière condensée inonde l’esprit et le corps.
Ainsi commence une nouvelle aventure,
Loin, loin de ce monde humain.

Dans un coin perdu, une Ile de Lumière minuscule,
A peine visible, tranquille et fleurie….

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Une Petite Mélodie

Un refrain, une petite mélodie vagabonde, un chant exotique
Perce mon cœur d’une douceur que je n’ai encore jamais connue.
Un visage vague sans contour, un sourire fait s’évanouir d’un coup
Toute ma souffrance, ce monde de misère, tout mon univers.
Illusion ? Hallucinations ? Mirage ? Magie ? Mais quelle Gloire !
Une Présence, une âme vivante, un Amour, une Splendeur et infiniment plus,
Un Mystère m’envoûte, me plonge dans ses profondeurs irrésistibles.
Le chant se répète partout inlassablement,
Quelques notes de douceur inexprimable
Un mantra, Soham, soham, soham, c’est Moi,
Il n’y a rien que Moi ici ou ailleurs.

*****

Mère Priait

Elle montait, montait toujours cette prière
Comme une immense colonne de lumière

Elle montait, montait toujours vers l’Inconnu
Dans un élan d’amour sans borne et soutenu.

Elle montait, montait toujours aspiration
Effort muet des choses qui tendent vers l’Union.

Elle montait, montait toujours voix suppliante
Où la réponse du Maître était évidente.

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Soham

Je suis Narcisse amoureux de moi même
Je ne laisse aucun domaine inexploré à la recherche d’un iota de félicité
Dans la souffrance, dans la vaste dissolution et la violente extinction
Dans mon propre oubli de moi dévorant sans forme et sans nom
Je bois des océans de poison pour remplir un moment d’ennui.
Je suis absolument libre, sans désir, n’ayant besoin de rien,
Pur, seul, vaste, silencieux, réalisé, établi en moi même.
Je marche sur de nouvelles routes,
Garde mes miroirs clairs comme le cristal
Afin de pouvoir voir et atteindre mon lointain Moi non révélé.
J’impose silence aux vagues déchaînées et aux vents rugissants,
Afin d’entendre par les voix de millions d’âmes éveillées
Cet hymne impérissable de l’âme libérée
Je suis Brahman, Je suis Cela, éternel, infini
Océan mystérieux de félicité sans fond, ni forme.

Soham Soham Soham

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Flots purs

Assis tranquillement tout heureux sur un mur
Au bord de l’océan j’entends sous ses flots purs
Les chants sonores de l’épopée divine
Sagas de l’âme dès sa naissance marine.
Tantôt sourd, tantôt fort, le chœur aux milles voix
Me berce doucement et ressuscite en moi
Les souvenirs poignants de mes milles existences
Des vagues phosphorescentes qui rient et dansent.

Assis tranquillement, tout heureux, sur un mur,
Au bord de l’océan j’admire ses flots purs.
Émeute de couleurs, films intrigants de vie,
Roulent ses ondes sans être jamais assouvis.
Teints fugitifs, rêves irisés de l’enfant
Se reflètent un instant sur l’écran du Temps.
Tu prêtes à l’eau l’extase de Tes prunelles
Où miroitent, Mère, Tes humeurs immortelles.

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La Crypte Mystique

Un diamant sans prix, lumineux, indestructible,
Non, Quelqu’un, une beauté, une félicité défiant la mort
Méditant dans une crypte mystique, cachée tout en bas.

Au dessus un océan en émoi, furieux et en révolte
A la recherche d’un feu pour apaiser sa faim dévorante,
Fumant, écumant, regarde la lune immobile dans le ciel.

Une pluie d’une douceur bleu pale irisée soyeuse, veloutée,
Caresse la violence inconsolable qui agonise
De ses innombrables courants de douceur.

La stupide arrogance auto destructrice incontrôlable
La rage dévastatrice, le soulèvement volcanique des profondeurs
De l’océan obstiné lentement s’affaissent en un évanouissement enchanté,
D’aisance, de détente tranquille, de paix transformatrice.

Un tapis  bleu vert ondulant se déploie à l’horizon
Et reçoit avec bonheur les pas d’une Divinité fascinante
Surgissant de l’abîme inaccessible du Mystère.
Qui maintenant inonde les espaces en prière avec sa douceur purifiante

Une symphonie embaumée d’ harmonie divine
Monte jusqu’à la lune

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Reine de Neige

Reine d’orage, je Te remercie
Il vente sur mon âme et mon esprit,
Mon gîte, mes vergers et mes folies
Sont irrévocablement démolis.

Reine de pluie, je Te remercie,
Il pleut sur mon âme et mon esprit,
La pluie fine entre par les fissures
Plaies ouvertes de mon cœur si dur.

Reine de neige, je Te remercie,
Il neige sur mon âme et mon esprit,
Les flocons enveloppent mes cellules
Qui absorbent leur blancheur sans recul.

Reine de lune, je Te remercie,
Il fait beau dans mon âme et mon esprit,
Sous les ondées de Ta Lumière
Les lianes chantent d’éloquents vers.

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Dans le Silence de la Nuit en Prière

Dans le silence de la nuit
A travers la dense paix de la nuit en transe
Surgit une symphonie de mille petites voix mélangées.
Dans la paix de la nuit silencieuse
A travers les calmes ondulations d’un étang endormi,
Sur l’autre rive, dix mille lucioles s’amusent
Dans une danse rituelle
Avec des lumières clignotant en silence.

Dans le silence de la nuit en prière
A travers la paix de l’Esprit non né
Arrive flottant, un rire cristallin argenté,
Noyant les âmes attachées à la terre
Dans une vague miroitante d’émerveillement.

Dans le silence de la nuit
A travers des millions de pages de souvenirs enterrés,
Un Visage apparaît, radieux d’Amour divin,
Anéantit pour toujours
Dans un délicieux sourire de splendeur silencieuse
La haute montagne des agonies accumulées depuis des âges,

Le cœur écorché palpite avec ravissement
Dans la Présence rayonnante de la Grande Mère.

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Adieu, mon ami,

Je te salue mon vieux compagnon de route,
L’homme aveugle et frustre s’éteint peu à peu en moi
Comme meurt la nuit obstinée sans espoir devant l’Aurore.
L’angoisse se mélange à la plus grande splendeur
Le départ de l’homme dépassé et la naissance du Dieu immortel.
L’homme moribond, périmé, épuisé s’accroche âprement encore
A la terre qui lui tourne le dos pour mieux accueillir
L’Enfant Dieu qui arrive revêtu de lumière investi du mandat divin.
L’homme périt dans l’incendie que sa passion a déclenché.
Comme le Phénix, l’Enfant Dieu renaît, les yeux pleins de rires
Hors des cendres de l’homme brûlé, aveugle et méprisant.
Adieu la nuit si oppressive, si longue !
Adieu la violente agonie !

Paix, paix sur la terre.
Joie et harmonie de la Présence divine.
Que Ton nom soit béni, Mère Divine.
Que Ta douceur illumine les cœurs.
Chaque coup de ciseau du Grand Sculpteur
Fait disparaître les vestiges
De l’homme animal malgré sa trompeuse puissance,
Et dégage peu à peu les traits ravissants
D’une Divinité sublime.

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Amour Divin
Installe Toi dans mon Coeur

Amour, toi qui attrapes toutes les étoiles dans ton filet sans fin,
Installe toi en permanence dans mon cœur.

Amour, toi qui rassembles
Tous les rayons éparpillés dans ton soleil doré,
Installe toi en permanence dans mon cœur.

Amour, toi qui comme l’océan,
Abrite des milliards de mondes en toi,
Installe toi en permanence dans mon cœur.

Amour, puissance irrésistible
Unificatrice même des univers en révolte,
Installe toi en permanence dans mon cœur.

Amour, Vision révélatrice
De l’Un mystique dans ce qui existe ici ou ailleurs
Installe toi en permanence dans mon cœur.

Amour, Voyageur inlassable,
Le bien venu dans tous les foyers,
Installe toi en permanence dans mon cœur.

Amour Aventurier téméraire,
A jamais assoiffé, sans contrainte ni loi,
Installe toi en permanence dans mon cœur.
Amour, je te promets une fidélité absolue,
Sois rassuré, je n’aime que toi.

Lorsque tu es vibrant, en extase en moi,
Je ne trouve nul autre que toi partout.
Monotone, toi, mon Amour !
Les nuances infinies dans la palette de la Béatitude.
Installe toi en permanence, mon Amour,
Dans mon cœur qui t’adore.

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 Anandamayi,

Mère d’Amour et de Beauté
La Lumière d’une bougie éclaire une chambre plongée dans le noir épais.
Le sourire d’un enfant chauffe le cœur et chasse au loin les chagrins.
La mélodie d’une flûte venant du fond du mystère éveille
Dans l’âme une soif intense pour un monde de félicité et de beauté.

Le chant émouvant d’une voix inconnue
Ouvre les frontières fermées entre les hommes. Les rythmes magiques,
Le son fascinant des tambours, des guitares,
Des battements de mains, de cœurs et de pieds,
La lumière dansante, colorée, les guirlandes de fleurs,
Les visages rayonnants d’extase, les corps agiles, légers, ondulants,
Ces anges d’un instant, nous projettent soudain dans un paradis
Où tout est divin, ravissement, enchantement, amour et beauté
Présidé par la Grande Déesse de Joie inaltérable, inépuisable.

Seule Anandamayi,
Mère d’Amour, de Beauté, de Béatitude, d’Harmonie
Peut transformer ce monde obscur de souffrance
Par Sa lumineuse douceur.
Que notre vie soit à chaque instant une offrande, un rite sacré,
Une prière en acte à l’Esprit éternel de beauté
A la Mère Divine, la Grâce merveilleuse, bienveillante,
Douce et toujours souriante.

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Calice Vide

Cristal transparent sans souillure, vierge assoiffée,
Sorti du four incandescent, pur comme le diamant,
Sans attachement ni désir, au dessus des passions,
Inébranlable devant l’assaut des Titans et des Dieux,
Chaque cellule libre de la moindre trace de luxure,
Feu sacré, blanc, doré, brillant, sans fumée,
Qui ne vois que le Divin partout, n’existes que pour Lui,
Fort, confiant et fidèle, reçois l’Amour Divin.

Toi, vase d’argile séché au soleil, non cuit,
Plein de désir, cohabitant avec la bête sous ta peau,
Esclave des instincts de la Nature physique inférieure,
Même une goutte du nectar divin fera éclater
Ton cerveau, ton cœur et tes prétentions mensongères.

Tu tourneras en rond comme un bateau sans gouvernail,
Tu te briseras sans tarder sur les récifs cachés.
Sois humble, découvre ton âme, la psyché,
Dans la cave profonde du cœur mystique.
Bannis le désir immole l’animal ton bourreau implacable
Sur l’autel de Dieu, suis la Mère Divine avec foi.
Offre tout ce que tu es, tu as, aussi ton avenir à Ses pieds.

Deviens inexistant, Son esclave, mu uniquement par Sa Volonté
Son adorateur béni, un voilier heureux poussé
Généreusement par le souffle du Seigneur Suprême
Sans la moindre demande, mort à toute jouissance.
Alors seulement Elle façonnera dans sa vision divine
La jarre infrangible qui peut contenir la félicité immortelle
Tel que l’océan qui garde dans ses profondeurs les trésors.
Sois humble, sans demande, sans orgueil ni prétention.
Mets toi avec confiance aux pieds de la Mère Divine.

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