Deux Poèmes

Derrière la façade

Est-ce qu’on peut blâmer le tigre pour sa nature violente !
L’homme a du lutter contre les animaux féroces pour survivre
Il a réussi à les éliminer, à les neutraliser, même à les apprivoiser.
Mais avec toutes ses capacités extraordinaires, il reste un animal.
Il n’a pas su maîtriser son animalité logée dans chaque cellule.
Pourtant ignoré par lui, un dieu magnifique grandit au fond de lui.
Il est la chenille sauvage qui porte en lui un rêveur aux ailes dorées.
Au fur et à mesure que la splendeur divine prend une forme discernable,
Devient reconnaissable aux traits lumineux paradisiaques surhumains,
Une métamorphose inimaginable se produit derrière le masque
Derrière la façade humaine : un dieu regarde par ses yeux.
Un rayon de soleil éternel inonde, illumine les chambres intérieures.
Quelqu’un, un étranger intime venu de loin parle par sa bouche.
Le corps d’argile devient une jarre pleine d’un ravissement inconnu.
Un oiseau qui habite l’Infini a fait son nid dans une maison de terre.
Le nouveau locataire, venu de loin, de très loin est un porte bonheur,
Un messager du Seigneur Suprême, un délégué de la Lumière,
Un serviteur de la Mère Divine, un vrai ami de tout le monde.
L’homme est infiniment plus qu’il ne le parait, il est à mi-chemin.
Le Sculpteur Suprême travaille sans repos la pierre dure
Pour en faire sortir sa propre image un beau jour.
Que l’homme veuille ou non, son long calvaire est fini,
La Mère Divine a souri et béni la terre, Elle est à l’œuvre.
Elle mènerait chacun et chacune par delà la nuit épaisse
Au pays de chant, de danse et de rire où le Soleil brille toujours.
O toi qui gémit et pleure, ouvre tes yeux, la Mère Divine est là,
Devant toi, au-dedans, tout autour, il n’y a personne d’autre
Que la Mère bienveillante ici et ailleurs, Elle nous aime.

****

 

Une Petite Mélodie

Nous vivons, chacun, chacune, emmurés, cloîtrés dans notre monde.
Nous sommes comme des boites étanches séparés de tous les autres,
Séparés du monde au large, séparés, coupés de notre Source, l’Origine.
Chacun vit dans son univers, petit ou grand, souvent en vase clos.
Nous sommes tous des prisonniers inconscients, involontaires de notre ego.
Les morceaux de glace flottant en dérive au gré du vent et du courant,
Perdus dans l’immensité insaisissable de l’espace et du temps.
Un point d’interrogation mène la marche forcée de notre vie.
Chaque jour nous surprend, bouscule nos habitudes, rien n’est sur.
La boussole nous trompe, la planche sous nos pieds soudain cède.
Demain est un livre fermé, un pays ignoré, qu’est ce qui nous attend ?
Nous marchons en aveugle, toujours rongés par des angoisses en sourdine.
Pas de réponse à nos questions, un mutisme complet.
Y a-t-il quelqu’un ici ou ailleurs qui entend nos cris ?
Un refrain, une petite mélodie vagabonde, un chant exotique
Perce mon cœur d’une douceur que je n’ai encore jamais connue.
Un visage vague sans contour, un sourire fait s’évanouir d’un coup
Toute ma souffrance, ce monde de misère, tout mon univers.
Illusion ? Hallucinations ? Mirage ? Magie ? Mais quelle Gloire !
Une Présence, une âme vivante, un Amour, une Splendeur et infiniment plus,
Un Mystère m’envoûte, me plonge dans ses profondeurs irrésistibles.
Le chant se répète partout inlassablement,
Quelques notes de douceur inexprimable
Un mantra, Soham, soham, soham, c’est Moi,
Il n’y a rien que Moi ici ou ailleurs.
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Niranjan Guha Roy 1997
 

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