O mon âme, deviens un bijoutier averti  qui discerne
Un saphir, un rubis, un diamant incolore, une émeraude
Dans un amas de cailloux, de sable et de morceaux de verres colorés.
Qui voit le papillon doré à venir dans la chenille rampante.

O mon âme, deviens le sculpteur
Qui voit le corps vivant d’une divinité exquise
Dans un bloc de granit dur et massif.
Mère Divine, donne-nous la vraie vision,
Des yeux qui Te voient dans le crocodile, le monstre redoutable,
Le requin, le démon, le serpent dangereux, dans le sabre assoiffé de sang,
Dans la brute et le bandit, dans les hommes des cavernes

Que je sente Ta bonté infinie  dans le panorama
Au lever du Soleil à l’Orient, en milles éclats étincelants,
Dans un petit ruisseau qui roucoule
Et dans la grande tempête qui balaye le continent.

O mon âme, deviens un musicien
Qui entend les flûtes célestes dans une forêt de bambou,
Une symphonie de violons enchantés parmi les sapins robustes,
Les voix des sirènes dans le vent agité.
Que je vois des Temples hauts, des Cathédrales majestueuses
A l’horizon découpé par une chaîne de montagne qui médite, immobile.

Réveillez-vous, O anges beaux et généreux endormis dans le marbre.
Salut, O sable inerte sur la plage, salut argile sombre
Mes rêves cristallins vous font briller.

Enlève le voile impénétrable sur ton visage, O Mère Nature,
Que je puisse Te voir, Te sentir, Te toucher, T’embrasser.
Que ce voile de la forme, de l’apparence trompeuse ne Te cache plus à ma vision.
Que ces surfaces, ces masques, ces robes de danse deviennent diaphanes
Et transparentes et me laisse voir Ton Cœur d’Amour sans borne,
Ton sourire qui transforme la vie en extase permanente.

Qu’au fur et à mesure, ta Grâce me rende la vraie vision
Que je Te vois de plus en plus clairement malgré les voiles.

Une prière intense brûle dans mon cœur comme un phare
O Mère Divine, laisse tomber Tes costumes de fantaisie d’hier
Ton apparat de messe noire, Tes masques de théâtre ridicules
Tellement usés, durcis de sang, effrayants, périmés.

Donne nous un spectacle encore inconnu, noble, de splendeur divine.
Le maquillage aux couleurs de flamme et d’or fondu, rutilant
Que la comédie divine devienne une réalité d’amour et de beauté,
Une harmonie glorieuse, une danse enivrante, un hymne de Félicité.

On a  soif de Te voir dans Tes nouveaux rôles sur la scène,
La plaque tournante de l’Univers rénové à chaque instant.
On est las de rencontrer toujours ce même défilé peu gracieux.

Salut à Toi, Mère Divine, inépuisable, toujours la même, jamais pareille,     

  Insaisissable amour et sourire, un ravissement perpétuel
Peu à peu, ce qui est au dedans devient le dehors,
L’ Image vivante d’une Divinité peu connue.

Ma prière monte et amène une réponse d’une grande mansuétude :
 » Le passé est mort. Une nouvelle race apparaît sur terre;
Je conduis cette symphonie immense, terrestre.
L’homme appartient au passé. Regarde avec la conscience nouvelle.
Alors peu à peu, tu verras la nouvelle comédie divine
Qui se développe en silence, en cachette.
Tout ce qui est prévu se réalise lentement, suivant mon plan. »

La Mère Divine s’incarne dans les cœurs simples et accueillants,
Elle y entre par une fente, une lucarne, une fenêtre ouverte,
S’installe en permanence dans les gites où Elle est aimée,
Donne ses cadeaux généreux à tous
Son amour, sa douceur, ses bénédictions
Qui transforment la douleur de la vie
En un ravissement perpétuel, sacré.

N.Guha Roy 2001